Test de la Leapmotor B03X : la « Ford Puma chinoise » passe à côté de son objectif
J’imagine très bien la scène : le comité de développement s’est réuni pour créer le Leapmotor B03X.
Dans une pièce se trouvent une Ford Puma, une Honda HR-V et une Jeep Avenger. La mission, de toute évidence, consistait à rassembler un « best of » des éléments qui font le succès commercial de ces voitures.
Prenons le coffre : avec ses 405 litres, il n’est pas énorme en soi, mais soulevez le plancher et vous découvrirez un compartiment profond qui offre 105 litres supplémentaires et dont le fond est doté de trous de drainage – tout comme le « Megabox » de la Puma.
Installez-vous à l’arrière et vous remarquerez que les coussins des sièges peuvent se rabattre contre les appuie-tête, reproduisant à l’identique la fonctionnalité astucieuse de Honda.
Quant au design extérieur, c’est un peu un mélange de tout : des lignes anguleuses comme celles de l’Avenger ou même de la Mercedes-Benz GLB de la génération précédente, avec quelques touches supplémentaires inspirées de la Puma.
Essai de la Leapmotor B03X : la « Ford Puma » chinoise passe à côté du but

Bien qu’elle s’inspire des bonnes idées de ses concurrentes, la B03X apparaît comme un modèle important, alors que Leapmotor tente d’affirmer sa propre identité en Europe. Jusqu’à présent, la marque a produit des crossovers et des berlines sans caractère, dotés des inévitables barres lumineuses à LED à chaque extrémité et de formes aérodynamiques lisses. Ce n’est pas vraiment le cas ici.
On retrouve le logo « Leapmotor », très chic et inspiré du jeu Space Invaders, sur les flancs et les pare-chocs de la voiture. Les feux arrière s’inspireraient de l’émoji « smiley », ce qui est une touche mignonne, même si je trouve qu’ils ont plutôt l’air de bâiller. Et, comme le veut désormais la coutume, on trouve ici et là quelques « easter eggs » sous la forme de Leapy, la nouvelle mascotte fantomatique de la marque chinoise.
Prises isolément, ce sont de petites nouveautés. Mais ensemble, elles dégagent une aura de confiance, ou du moins d’ambition, que Leapmotor n’a pas encore réussi à imposer en Europe. Ne vous méprenez pas, elle est loin d’être aussi emblématique que la Renault 4 ou la Fiat Grande Panda, mais on voit les premiers signes d’une véritable identité de marque commencer à émerger.

À l’intérieur, on retrouve une configuration assez classique : un grand écran tactile d’infodivertissement, un tableau de bord numérique et pratiquement aucun bouton ; ceux-ci ne se trouvent que sur le volant.
Ces deux écrans sont particulièrement frustrants : la police utilisée est bien trop petite pour être lue rapidement en conduite et presque toutes les commandes sont enfouies dans plusieurs menus du système d’infodivertissement, qui est donc surchargé d’informations.
L’assistant vocal donne également l’impression d’être inachevé, avec des fonctionnalités limitées et des erreurs récurrentes.
Il y a néanmoins beaucoup à apprécier dans cet habitacle. L’espace à l’arrière est généreux, surtout comparé à la Renault 4, où l’on se sent à l’étroit, et l’association de cuir bleu marine et beige de notre voiture d’essai était à la fois agréable à l’œil et au toucher. C’est sans aucun doute le principal atout de la B03X.

Au Royaume-Uni, la B03X sera proposée avec une seule motorisation. Elle associe un moteur avant développant 194 bhp et 148 lb ft de couple à une batterie au lithium.
Cela lui permet d’atteindre les 62 mph en 8,6 secondes, d’afficher une autonomie officielle de 237 miles et de se recharger à une puissance pouvant atteindre 133 kW – plus rapidement que la plupart de ses concurrentes.
Elle est largement assez rapide pour suivre le rythme de la circulation, mais elle ne semble pas aussi réactive que la 4 ou la Puma Gen-E. Le réglage des pédales d’accélérateur et de frein est tout à fait satisfaisant pour rouler tranquillement, mais la B03X peine parfois à transmettre proprement ses 194 bhp à la chaussée, par exemple lors d’une insertion sur une route départementale à partir d’un arrêt complet. On ne ressent qu’un léger patinage à l’avant, mais cela reste déconcertant, sachant qu’il ne s’agit pas d’une voiture de sport.
L’autonomie n’est toutefois pas mauvaise. Vous dépasserez facilement les 200 miles en été, et vous bénéficiez même d’un récapitulatif détaillé de votre consommation, mettant en évidence la part d’électricité consacrée à la conduite, à la climatisation et aux systèmes auxiliaires.

La direction est carrément désagréable : elle manque totalement de poids et de sensation, elle est lente en ligne droite, puis hyper-réactive dès que l’on commence à tourner. Et cela en mode Sport ; en mode Normal ou Confort, elle se comporte de manière similaire, mais les sensations sont encore pires.
Leapmotor affirme qu’une mise à jour logicielle est en cours, mais je serais impressionné s’ils parvenaient à remédier complètement à ces défauts sans modifications mécaniques.
Si vous vous engagez dans un long virage en épingle à vitesse d’autoroute, vous ressentirez un roulis assez important, ce qui décourage la conduite rapide. Et cela n’est pas compensé par un confort de conduite exceptionnel. Les revêtements routiers accidentés, les nids-de-poule et les dos d’âne sont particulièrement perceptibles – surtout si vous êtes passager à l’arrière, assis presque directement au-dessus de l’essieu rigide.
Si vous recherchez une voiture agréable à conduire, je vous orienterais plutôt vers la R4 ou la Puma Gen-E ; en matière d’isolation, la Citroën ë-C3 est bien plus aboutie.

Essai de la Leapmotor B03X : la « Ford Puma chinoise » passe à côté de son objectif
Leapmotor a manifestement fait des compromis afin d’atteindre un prix très compétitif.
Le directeur général de la marque au Royaume-Uni, Damien Dally, affirme vouloir que les acheteurs « dépensent moins pour leur voiture et plus pour profiter de la vie », et promet que des taux de financement avantageux seront bientôt proposés.
Il a laissé entendre que ces mensualités pourraient être inférieures d’environ 50 € à celles de la B10, plus grande, ce qui donnerait 279 € par mois avec un apport de 999 €. Je ne suis toutefois pas certain que ce soit suffisamment bon marché : de nombreux concurrents proposent des tarifs similaires, voire inférieurs, si l’on opte pour un contrat de location plutôt que pour un PCP.
Il faudra qu’elle soit très compétitive pour convaincre les clients de « franchir le pas » plutôt que d’acheter la Renault 4, la Puma Gen-E ou l’actuelle championne du rapport qualité-prix du marché, la MG 4 EV Urban.
Ainsi, si son prix s’avère suffisamment bas et à condition que vous n’ayez absolument aucun intérêt à apprécier le plaisir de conduite, la B03X pourrait mériter d’être envisagée. Mais puisque vous lisez Autocar, je ne peux que vous recommander de chercher ailleurs.
CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES
BYD Atto 2
Jaecoo E5
Renault 4
BYD Atto 2
Jaecoo E5
Renault 4