Essai de la Bentley Continental GT S
Un phénomène balaye le paysage automobile. Les scientifiques débattent encore pour lui trouver un nom, mais je vais proposer ma suggestion : la « S-ification ».
Aston Martin a récemment lancé des versions S pour la plupart de ses modèles. La semaine prochaine, nous publierons un essai de la DB12 S. La Mercedes Classe C la plus performante est la C63 S (il n’existe pas de C63 standard). Porsche a été l’un des premiers à adopter cette tendance avec enthousiasme.
Il s’agit de l’introduction d’un modèle légèrement plus sportif, mais apparemment sans grand effort – il suffit d’augmenter la suralimentation ou de modifier quelques lignes de code. Une fois que vous y prêtez attention, vous la repérerez partout, car il semble que les acheteurs ne puissent tout simplement pas y résister. Bentley s’y met donc aussi, ce qui a donné naissance à la nouvelle Bentley Continental GT S coupé et GTC S cabriolet.
Bentley Continental GT S

La GT S combine efficacement le groupe motopropulseur de la Continental GT standard avec le châssis de la Continental GT Speed. Mais étant donné que toutes les Continental (à l’exception de la future « Supersports allégée ») partagent désormais pour l’essentiel le même équipement, cela ressemble un peu à un simple exercice de mise en valeur des spécifications techniques.
Elles sont toutes équipées de la même suspension pneumatique avec barres anti-roulis actives et quatre roues directrices, mais la GT S utilise le réglage plus sportif de la Speed. Par ailleurs, le V8 biturbo de 4,0 litres développe à lui seul 512 ch (contre 592 ch sur la Speed) et le moteur électrique de 188 ch intégré à la boîte automatique à double embrayage porte la puissance totale du système à 671 ch (contre 772 ch sur la Speed).
Je pense qu’il aurait été plus logique pour Bentley de proposer la GT S en version non hybride, à l’instar de ce qu’a fait Porsche avec la Panamera GTS (qui, sur le plan mécanique, est très proche de la Continental), mais d’un autre côté, passer de la GT « de base » à la GT S n’entraîne pas une hausse de prix considérable : seulement 10 100 €.
En contrepartie, vous bénéficiez de quelques atouts supplémentaires, tels que des jantes de 22 pouces, des phares différents et des garnitures sombres à la place des éléments chromés. Les changements esthétiques sont toutefois assez subtils, car un kit carrosserie imposant et ostentatoire n’est tout simplement pas dans l’esprit Bentley.

À l’intérieur, la GT S est équipée de série de boiseries noir piano et d’une sellerie en microsuède, mais toute la gamme de cuirs, bois, fibre de carbone et aluminium reste disponible pour ceux qui n’apprécient pas la poussière et les traces de doigts.
Sur le plan conceptuel, la GT S est une voiture déroutante, mais heureusement, l’expérience de conduite est plutôt simple – et largement positive. La qualité de l’habitacle est, comme on pouvait s’y attendre, superbe. Bentley considère clairement les commandes physiques tactiles comme un élément de luxe, et nous sommes d’accord. Tout semble fait sur mesure et d’une qualité exceptionnelle, avec une sensation de solidité et de mécanique pour des éléments tels que le levier de vitesses et le sélecteur de mode de conduite.
La GT S est équipée des mêmes sièges confortables que les autres Continental ; réglables à votre guise, ils sont exceptionnellement confortables et offrent un excellent maintien, même s’ils sont légèrement plus hauts que ce à quoi on pourrait s’attendre d’une grande routière sportive. Le seul bémol concerne l’espace de coffre sacrifié au profit de la batterie hybride rechargeable.

Sinon, le système PHEV est remarquablement bien intégré. Il offre une autonomie électrique d’environ 80 km si vous le souhaitez, ou vous pouvez mettre la voiture en mode Sport et la traiter comme une pure V8 avec un coup de pouce supplémentaire à bas régime.
Et quel V8 ! J’ai passé la plupart du temps au volant de la GTC à capote souple, qui vous permet d’entendre bien mieux le grondement rauque provenant de l’échappement Akrapovic en option. Le coupé a toujours un très bon son, mais on a un peu l’impression que le moteur est enfermé dans une boîte de conserve, ce qui est sans doute le cas.
On ne peut s’empêcher de remarquer les vibrations typiques qui résultent de la perte de la rigidité offerte par un toit, mais je pense que le bruit supplémentaire en vaut la peine. Avec le déflecteur de vent relevé, les turbulences d’air sont également minimes. C’est l’une de ces voitures qui fonctionnent vraiment bien en version cabriolet.

Sans comparer la S aux autres Continental, il est difficile de dire si les modifications apportées au châssis font une grande différence. Prise isolément, elle est très agréable. On pourrait la laisser en mode Sport tout le temps, car à basse vitesse, elle est réglée pour se comporter plus ou moins de la même manière quel que soit le mode : calme et souple, avec une aide importante du système de direction arrière pour réduire le rayon de braquage.
Ce n’est qu’à mesure que la vitesse augmente qu’elle devient plus précise, avec un contrôle de la carrosserie plus serré et un effet stabilisateur accru de la direction arrière. Pourtant, même à vitesse élevée, je ne l’ai pas trouvée moins confortable en mode Sport qu’en mode Confort, car le premier offre un meilleur contrôle.
Et si vous voulez prendre cette GT de 2,6 tonnes à la gorge et lui faire avaler quelques virages, elle s’exécutera. À aucun moment on ne ressent son poids. Au contraire, elle offre une adhérence et une stabilité impressionnantes, avec une direction progressive et bien calibrée qui inspire confiance.
Le retour d’information n’est pas parfait, ce qui fait qu’un léger sous-virage peut vous surprendre dans les virages serrés, mais si vous la conduisez à sept dixièmes de son potentiel, comme une GT vous y invite, elle offre une belle fluidité. Avec le contrôle de stabilité en mode Dynamic, elle se permet même un léger dérapage en sortie de virage serré.

Bentley Continental GT S
La Continental est une GT très agréable et aboutie, en particulier en version cabriolet. On peut se demander si la version S était vraiment nécessaire, mais elle ne semble pas non plus compromettre la voiture d’aucune façon. Ainsi, si vous recherchez ce petit plus sportif et appréciez un look légèrement plus agressif, c’est sans doute la version qu’il vous faut. Cela dit, on pourrait bien arrêter la « S-ification » maintenant.
CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES
Aston Martin DB12 S Volante
Mercedes-AMG SL 63 S E-Performance
Maserati GranCabrio Trofeo
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