Essai du Mitsubishi L200
À une époque où le marché britannique des voitures neuves semble se remplir rapidement de modèles inconnus aux noms étranges, il est agréable, voire rassurant, d’accueillir à nouveau un vieil ami, le Mitsubishi L200.
Ce pick-up revient au Royaume-Uni dans sa septième génération, légèrement plus grande que la sixième qui nous a quittés en 2021. Il présente un design intérieur et extérieur rafraîchi ainsi qu’un tout nouveau moteur diesel quatre cylindres biturbo, mais il conserve un look et un caractère que ses adeptes reconnaîtront immédiatement.
Bien que l’importateur de Mitsubishi soit désormais International Motors, basé dans les Midlands et connu pour ses partenariats avec Subaru, Isuzu et Xpeng, son directeur au Royaume-Uni reste Toby Marshall, bien connu de la clientèle car il travaille avec la marque japonaise depuis des décennies.
Lorsque les ventes ont cessé en 2021, Marshall a poursuivi son association avec Mitsubishi en gérant un réseau de 106 centres de service, maintenu en bonne santé grâce à l’important parc automobile. Plus récemment, il a mis en place un réseau de 60 concessionnaires, dont la plupart ont également des liens avec Mitsubishi ou IM.
Marshall s’attend à un fort engouement pour le nouveau L200 de la part des anciens propriétaires : « Les acheteurs ont toujours été très fidèles. Au plus fort de la période de Mitsubishi, de 2001 à 2007, les ventes de pick-up ont véritablement explosé. La société proposait jusqu’à 11 modèles, mais les ventes du L200 représentaient un tiers du total, soit environ 31 000 unités par an. Nous recevons désormais des demandes de clients intéressés par le nouveau modèle. Il ne s’agit pas d’un relancement, mais d’une continuité. »
Pour souligner ce point, Marshall et IM lancent un autre modèle nouveau mais familier, le SUV Outlander hybride rechargeable, également disponible dès maintenant.
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Mitsubishi L200

Le nouveau L200 est disponible en deux versions, toutes deux bien équipées. Je teste la version Barbarian, au prix de 39 995 €, soit 3 700 € de plus que la version Titan.
Les spécifications du moteur, de la boîte de vitesses, de la suspension, de la direction et des freins sont identiques sur les deux versions, mais pour ce supplément de prix, l’acheteur du Barbarian bénéficie de sièges et de garnitures en cuir, d’un chargeur de téléphone sans fil, de rétroviseurs désembuage, une climatisation à deux zones et des jantes en alliage de 18 pouces au lieu de 17. Plus important encore, il bénéficie également d’un système de transmission intégrale à sept modes ultra-polyvalent et à commande électronique, appelé Super Select 4×4-II.
Ce système est doté d’un différentiel central à détection de couple qui permet de rouler sur l’asphalte en mode 4×4 (un atout pour la stabilité, notamment lors du remorquage de charges autorisées pouvant atteindre 3 500 kg). Il dispose également d’un différentiel arrière verrouillable pour une traction optimale. Ces sept modes sont sélectionnés à l’aide d’un bouton rotatif situé sur la console, plusieurs d’entre eux pouvant être utilisés à des vitesses allant jusqu’à 100 km/h.
Il est également équipé d’un système de contrôle actif du lacet, particulièrement utile pour le remorquage, qui stabilise le L200 dans les situations difficiles en freinant l’une des roues arrière si nécessaire.

Lorsque l’on monte à bord du L200, on a immédiatement l’impression d’être dans un produit de qualité, bien construit. La disposition du tableau de bord est postmoderne dans le sens où il y a des boutons et des molettes dédiés aux fonctions clés (notamment pour désactiver l’aide au maintien de voie et faire taire les bips indésirables).
Les sièges sont bien profilés, plus esthétiques que ceux de nombreuses berlines, et leur confort sur les longs trajets est renforcé par le fait que le L200 offre une position de conduite droite similaire à celle de ses principaux concurrents : le Ford Ranger, le Toyota Hilux et le Volkswagen Amarok.

Le moteur est peut-être nouveau, mais il sonne et se comporte comme n’importe quel vieux moteur diesel quatre cylindres, détendu et sans effort. C’est un véritable exploit, compte tenu des obstacles posés par les normes d’émissions actuelles. Il est équipé d’un système biturbo progressif dans lequel un compresseur plus petit offre une suralimentation immédiate à bas régime et avec des ouvertures d’accélérateur assez faibles, tandis qu’un compresseur plus grand assure une puissance plus robuste.
Il en résulte une flexibilité extrême, le moteur tirant fortement dès un peu plus que le ralenti jusqu’à environ 4 000 tr/min. La puissance maximale est de 201 ch, développée à 3 500 tr/min, tandis que le couple maximal, admirablement disponible dès 1 500 tr/min, s’élève à 347 lb-pi.
Bien qu’il ne soit pas particulièrement silencieux dans l’habitacle, le moteur donne toujours l’impression d’avoir beaucoup de ressources et de fonctionner sans effort, et il s’accorde particulièrement bien avec la boîte automatique à six rapports, qui passe les vitesses en douceur et rétrograde facilement.

Lors de l’essai, les représentants de Mitsubishi ont tenu à souligner sa polyvalence. Ils l’ont donc d’abord présenté comme un véhicule de remorquage (en l’attelant à une remorque chargée d’un autre L200 et en nous laissant évoluer sur un parcours court et sinueux délimité par des cônes), puis en me laissant m’essayer à un parcours tout-terrain humide, crayeux et extrêmement vallonné, suivi d’un trajet routier d’une heure.
Sa polyvalence a été largement démontrée. En tractant une remorque à six roues chargée d’un autre véhicule de 2 175 kg, certes lentement, le L200 s’est montré stable et performant, démarrant sans effort et s’arrêtant et tournant avec aisance.
Sur le parcours tout-terrain, équipé uniquement de pneus route standard, le L200 a fait preuve d’une adhérence surprenante sur la craie humide, mettant en avant un système de contrôle de descente particulièrement pratique qui maintient la vitesse que vous choisissez lorsque vous vous engagez sur une pente raide.
La garde au sol est généreuse, je n’ai donc jamais effleuré le soubassement, et il n’y a eu qu’un seul moment de patinage des roues – alors qu’une des roues arrière était déjà à 30 cm du sol.
Le L200 Barbarian fait partie de ces 4×4 dont les capacités intrinsèques dépassent largement les attentes du conducteur.
Le trajet, sur des routes souvent creusées d’ornières dans le sud du Wiltshire et du Hampshire, s’est avéré un peu décevant. En tant que pick-up double cabine typiquement haut sur pattes, doté d’un essieu arrière rigide à ressorts à lames, le L200 a un peu tangué là où des véhicules plus sophistiqués, avec des passagers assis plus bas, auraient roulé de manière bien plus stable, et sa direction n’est guère plus sensible que la moyenne en ligne droite.
En revanche, le L200 s’est montré d’un optimisme insouciant face aux nids-de-poule – un avantage de plus en plus significatif – et a bien négocié les virages, grâce à un volant de taille idéale, un roulis bien maîtrisé et un sous-virage modéré, même sur une chaussée humide.

Lors de mon bref essai, il a affiché une consommation de 6,4 l/100 km en circulation urbaine, ce qui est respectable pour un pick-up de deux tonnes.
Deux niveaux de finition sont disponibles. La version Titan coûte 36 295 € hors TVA. La version Barbarian offre un style plus robuste, un intérieur en cuir, la climatisation à deux zones, l’accès sans clé, un meilleur système audio et bien plus encore, pour 3 700 € de plus. Ce prix est comparable à celui du Ford Ranger, bien que ce dernier soit désormais équipé d’un V6 de série.
Mitsubishi L200
Le L200 restera un excellent véhicule de tous les jours pour de nombreux utilisateurs, comme auparavant. Certes, les performances (0 à 100 km/h en 12,6 s) n’ont rien d’exceptionnel, mais il roule bien sur autoroute et suit facilement le rythme de la circulation, grâce à son couple à bas régime très généreux.
En résumé, le dernier L200 Barbarian marque une avancée utile et notable par rapport à ses prédécesseurs, qui étaient déjà des véhicules performants en soi. Bon retour, vieil ami.
CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES
Ford Ranger
Toyota Hilux
Isuzu D-Max
Ford Ranger
Toyota Hilux
Isuzu D-Max