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Fiat Topolino


Oliver François, le patron de Fiat, insiste sur le fait que la marque italienne « n’a pas inventé la micromobilité » : il rend hommage aux Romains qui ont tracé les rues étroites et sinueuses de la ville sans se soucier du fait que, quelque 3 000 ans plus tard, les gros imposants SUV feraient fureur –, mais affirme que « nous avons inventé la manière de la rendre accessible ».

Alec Issignois aurait certainement eu son mot à dire à ce sujet, mais il est indéniable que l’héritage de Fiat en matière de petites voitures – à travers plusieurs générations de 500 et de Panda, ainsi que de nombreux autres modèles innovants offrant plus d’espace pour un encombrement réduit – donne du crédit à son argument.

C’est d’ailleurs un argument tout à fait pertinent, car ce n’est pas vraiment Fiat qui a inventé cette Topolino : c’est Citroën. Soyons honnêtes, on ne peut s’empêcher de remarquer qu’il s’agit d’un quadricycle Ami qui a subi un léger relooking après avoir avalé quelques Aperol Spritz pour lui insuffler les joies de la dolce vita.

Cela la rend-elle plus accessible – et, surtout, en fait-elle un meilleur achat ? Eh bien, c’est le moment de le découvrir car, bien que la Topolino soit commercialisée depuis 2023, elle vient tout juste d’arriver sur le marché britannique, à partir de 8 995 €.



DESIGN ET STYLE

Fiat Topolino, 2e place

Malgré son histoire marquée par les petits véhicules, Fiat n’a pas participé au développement de la Citroën Ami ; c’est l’ancien PDG de Stellantis, Carlos Tavares, qui a eu l’idée que la marque italienne propose sa propre version.

Mais alors que M. Tavares envisageait un simple changement de marque, à l’instar de l’Opel Rocks Electric commercialisée en Allemagne, François a insisté pour que tout modèle Fiat bénéficie d’un style sur mesure.

En conséquence, la Topolino présente une carrosserie spécifique, avec des panneaux avant, arrière et latéraux différents. Les phares ronds à l’avant et les feux verticaux à l’arrière sont résolument rétro, ce qui la place clairement dans la même famille que la 500 classique qui l’a inspirée.

Les aspects techniques et la plupart des innovations d’ingénierie n’ont pas changé : il s’agit donc d’un quadricycle de 2 535 mm de long et 1 400 mm de large, pesant à peine 487 kg.

Pour réduire les coûts, le même panneau latéral modulaire en plastique est utilisé des deux côtés du véhicule ; ainsi, la portière s’ouvre de manière classique pour le passager et à l’envers pour le conducteur.

Techniquement, la Topolino n’est pas une voiture : il s’agit d’un quadricycle biplace conforme à la réglementation L6. Elle est équipée d’un moteur électrique de 8 bhp qui entraîne les essieux avant et tire son énergie d’une batterie lithium-ion de 5,5 kWh. Sa vitesse maximale est de 28 mph – que vous atteindrez en partant de l’arrêt en environ 10 secondes – et son autonomie officielle selon le cycle WLTP est de 46 miles.

Tout comme l’Ami, la Topolino ne sera commercialisée au Royaume-Uni qu’en version conduite à gauche et équipée d’un câble de recharge intégré doté d’une prise européenne à deux broches. Les véhicules destinés au marché britannique seront fournis avec un adaptateur CCS, mais la vitesse de recharge maximale n’est que de 2,3 kW ; une recharge complète de la batterie prendra donc environ quatre heures.

INTÉRIEUR

Conduite de la Fiat Topolino

Alors que Fiat s’est attaché à peaufiner l’extérieur, l’intérieur de la Topolino est pratiquement identique à celui de sa sœur, l’Ami. Et si vous vous attendez à un niveau de confort comparable à celui d’une voiture, vous vous rendrez vite compte que les quadricycles sont d’un niveau bien plus basique.

Il n’y a que deux sièges, très fonctionnels et peu rembourrés. Mais comme il s’agit d’un véhicule destiné aux trajets courts, ils conviennent parfaitement. Les sièges sont légèrement décalés, celui du conducteur étant un peu plus en avant pour offrir davantage d’espace aux coudes ; il peut également être avancé davantage. Le siège passager est fixe et intégré à la carrosserie arrière, ce qui offre un espace généreux pour les jambes, même si le plancher sert également de coffre à bagages.

Les commandes sont également incroyablement fonctionnelles. Il y a une clé pour le contact et pas d’écran tactile, avec un support pour maintenir votre smartphone en place, tandis que les commandes ailleurs sont réduites au minimum. Il y a un chauffage, par exemple, mais à part imiter étonnamment bien un réacteur à pleine puissance, son efficacité est discutable.

Il n’y a pas de rétroviseur intérieur de série, tandis que les rétroviseurs extérieurs ronds doivent être réglés à la main et s’abîment facilement. Les vitres ne s’abaissent pas, mais la partie inférieure peut être relevée pour laisser entrer un peu d’air.

Fiat a ajouté quelques petites attentions. Un petit support sur le tableau de bord accueille un ventilateur alimenté par batterie (très utile lors de notre essai routier sous la chaleur étouffante de Rome), qui peut être retiré de son support et utilisé comme appareil portable. On trouve également un compartiment de rangement en tissu appelé « dolce vita box », qui s’étend sur toute la longueur de la partie avant du tableau de bord et fait office de boîte à gants.

MOTEURS ET PERFORMANCES

Avec son empattement court, sa direction précise, son rayon de braquage serré et sa réactivité électrique immédiate, la conduite de la Topolino vous fera rapidement sourire. La question est de savoir combien de temps ce sourire durera.

Pour les petits trajets et les déplacements rapides, cette voiture a beaucoup à offrir. Bien sûr, avec seulement 8 bhp, la Topolino n’est pas le summum de la performance, mais elle offre une reprise instantanée et prend bien de la vitesse. Tant que vous roulez en zone urbaine avec des limitations de vitesse strictes, elle répond parfaitement à vos besoins.

Elle est également incroyablement maniable sur la route, et sa petite taille la rend très efficace dans les rues étroites ou en cas de circulation dense. Vous pouvez négocier les virages serrés avec aisance et bien avancer.

Le hic, bien sûr, c’est que sur les routes plus rapides, cela peut être assez intimidant lorsque vous atteignez la vitesse maximale de 28 mph et que vous ne pouvez que rester là, nerveux, tandis que des voitures plus grandes et plus rapides vous dépassent à toute allure.

C’est également un peu intimidant dans le va-et-vient de la circulation ; on prend pleinement conscience qu’il s’agit d’un petit quadricycle lorsqu’on roule aux côtés d’un SUV de grande taille.

Et bien que la Topolino soit amusante, comme le sont souvent les petits véhicules, elle manque de raffinement. Le moteur est assez bruyant et la suspension, associée à un empattement court, rend la conduite assez cahoteuse.

CONSOMMATION ET COÛTS D’UTILISATION

Fiat Topolino en tête

Au Royaume-Uni, la Topolino sera commercialisée à partir de 8 995 € – contre 7 695 € pour sa cousine française – et sera proposée en deux finitions.

Les modèles de série sont proposés en bleu clair « Verde Vita », tandis que la nouvelle édition limitée « Corallo » arbore une teinte orange tirée du catalogue historique de Fiat. Il convient de noter qu’il ne s’agit pas d’une peinture, mais de panneaux de carrosserie colorés.

Hormis la couleur, les deux modèles sont pour l’essentiel identiques.

En Italie, une nouvelle version Sport est proposée en quatre couleurs et dispose d’un nouvel intérieur noir conçu pour plaire aux jeunes, ainsi qu’une version à toit en tissu en série limitée.

Notre bref essai routier à Rome n’a pas suffi à tester pleinement la gamme, mais vous n’en auriez probablement pas envie de toute façon. C’est une voiture destinée aux trajets courts, et vous aurez besoin d’un chargeur à domicile pour en tirer le meilleur parti.

VERDICT

Tout comme l’Ami, la Topolino est facile à apprécier mais difficile à recommander. Elle est indéniablement élégante et amusante, et s’y faufiler en ville vous donnera le sourire aux lèvres, mais ses limites sont évidentes.

Alors que dans certains pays, les quadricycles peuvent être conduits par des adolescents, au Royaume-Uni, tous les conducteurs doivent être titulaires d’un permis de conduire définitif. Cela enlève un argument de vente majeur, d’autant plus que le passage d’une Topolino à une voiture électrique d’entrée de gamme telle que la Dacia Spring est relativement aisé. Et si vous envisagez d’acheter un quadricycle, la différence de prix entre l’Ami et la Topolino est assez importante pour ce qui n’est, au fond, qu’une carrosserie plus stylée.

Les limites de la Topolino sur la route ne peuvent pas non plus être ignorées. Vous ne vous sentirez pas à l’aise de l’utiliser sur une route où la limitation de vitesse dépasse les 30 mph, et bien qu’il soit minuscule, il ne présente pas les avantages d’un cyclomoteur ou même d’un vélo électrique, qui permettent de se faufiler dans la circulation.

Son autonomie limitée affecte également son utilité, et il lui manque bon nombre des équipements de confort de base que l’on trouve même sur les voitures neuves les moins chères du marché.

Dans une petite ville italienne ou même dans la circulation chaotique de Rome, la Topolino prend tout son sens. Et il y aura au Royaume-Uni des personnes qui auront besoin d’un petit véhicule précisément pour le type d’utilisation limitée pour lequel la Topolino est conçue. Et il y en aura d’autres qui chercheront désespérément à lui trouver une telle utilisation.

Mais peut-être que ce n’est pas tout à fait un véhicule destiné aux esprits rationnels. Il est difficile de regarder ou de conduire la Topolino sans être séduit par elle et sans s’imaginer filer à toute allure à son bord dans une ville balnéaire italienne baignée par un soleil radieux. On peut débattre de la question de savoir si la Topolino offre une mobilité véritablement accessible, mais on ne peut nier qu’elle dégage tout le charme italien.